Il
semble que c'est en 1021 que fut cité pour la première
fois le nom d'Aiguines en fait "Aguina" ou "Aquina". Le nom romain était
"Castrum de Aguinia", le nom provençal "Eyguinos".
Le
village est dominé au nord par la chapelle St Pierre (voir la
page localisation) et les ruines de l'ancienne
tour de guet. Au sud, sur la route qui vient d'Aups, se dressent le
château et l'église du village.
Au
sud-ouest à 4km du village le château de Chanteraine date
du 18ème siècle.
Sur
la place du village trône une fontaine dont le trop plein alimente
le lavoir en contre bas (voir photo ci-contre , la fontaine est devant
la tour du campanile).
L'eau
de cette fontaine provient d'une source située sur la route qui
longe le camp militaire et permet de rejoindre Aups. Le seigneur de
l'époque offrit la moitié de l'eau de sa source aux gens
du village qui, en contre partie, construisirent la conduite pour amener
l'eau au chateau et sur la place. La conduite emprunte une galerie souterraine
qui aurait bien besoin d'être restaurée. A l'entrée
du village, la dérivation vers le chateau traverse la route sur
un portique en bien mauvais état lui aussi.
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Je
n'ai pu exactement dater cette photo de la place du village. Si le
campanille et l'hôtel du vieux chateau au centre existent toujours
les arbres à droite et à gauche de l'image n'esixtent
plus et le mur sur la droite est restauré depuis longtemps.
Sur l'image ci-dessous (réalisée par des peintres amateurs
mais pas sans talent ) on découvre la place à une date
ultérieure.
Le
château date du 17ème siècle. De forme cubique il
est flanqué aux quatres angles de tours rondes couvertes de tuiles
vernissées polychromes dont les motifs rappellent ceux des tissus
provençaux. L'église , Saint Jean de Notre Dame de style
roman a une clef de voûte datée de 1653.
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Le
territoire d'Aiguines a appartenu à l'abbaye Saint Victor de Marseille
puis à différents seigneurs dont les Blacas. On m'a rapporté
que les chevaux blancs figurent sur le blason d'Aiguines en l'honneur
de la famille Blacas dont un des membres possédait toujours une
jument blanche dans ses écuries.
A
la fin du 19ème siècle, la commune d'AIGUINES vaste de 12.000
hectares comptait environ 800 habitants répartis par moitié
dans le village, par moitié dans des fermes éparpillées
pour la plupart sur le plateau de Canjuers.
Grossièrement on peut distinguer trois grandes périodes
dans les activités des habitants.
Une première période d'agriculture et d'élevage (chevaux
puis moutons), une deuxième période qui a duré jusqu'en
1980 dominée par le tournage du bois (a son appogée avant
la première guerre mondiale), une troisième période
où le tourisme constitue pratiquement la seule activité
de la commune.
J'ai
encore peu de renseignements sur la première période. (merci
d'avance à ceux qui voudront bien éclairer ma lanterne).
L'époque
du tournage du bois est beaucoup mieux connue. Lorsque, dans des foires
ou chez des brocanteurs vous verrez des boules de pétanque en bois
cloutées, sachez qu'elles ont été tournées
en buis par les tourneurs d'AIGUINES et cloutées par les femmes
du village. La fabrication d'objets en bois a été à
son apogée avant la guerre de 1914 où deux usines fabriquaient
; boules, cuillères... et de très nombreux objets avec le
buis cueilli dans les gorges par les hommes du village. A cette époque
pour une population totale d'environs 600 personnes 78 travaillaient pour
les tourneries ; 36 comme tourneurs, 42 comme ferreuses. Il faut ajouter
à ces 78, les hommes qui dans les périodes creuses de l'agriculture
ou de l'élevage allaient arracher les racines de buis, couper les
hêtres, aulnes, érables qu'ils vendaient aux tourneurs.
Quand vous irez à AIGUINES ne manquez surtout pas la visite du
musée. Il est ouvert de juillet à septembre et présente
en plus du dernier atelier de tourneur reconstitué, tous les stades
de fabrication depuis la récolte des essences jusqu'à la
fabrication des objets. Vous y découvrirez également une
étude sur l'architecture des maisons d'habitation du village.
La
troisième période celle du tourisme aujourd'hui fait l'objet
d' " AIGUINES aujourd'hui".
On
ne peut parler d'AIGUINES sans citer deux événements qui
ont eu une importance considérable sur l'évolution de la
commune et les activités du village.
Tout d'abord en 1968 la création du camp militaire du plan de Canjuers
qui amputa la commune des deux tiers de son territoire (7500 hectares).
La création du camp a provoqué la fin de l'activité
séculaire des bergers. Plus de 4000 brebis avec leurs agneaux ont
ainsi disparu, 11 fermes ont cessé leurs activités. Aujourd'hui
le petit plan de Canjuers ne résonne plus des clochettes des brebis,
par contre le canon y tonne parfois !
Avant la première guerre mondiale plus de la moitié des
ménages vivaient de l'agriculture et de l'élevage aujourd'hui
il ne reste plus que 2 à 3 ménages sur une population d'environ
220 habitants qui vivent exclusivement de l'agriculture et de l'élevage.
Ensuite
en 1973-1974 la mise en eau du barrage hydro-électrique de Sainte
Croix créa le lac le plus étendu de France(2200hectares)
après celui de Serre Ponçon.
Cette réalisation amputa encore la commune de quelques 116 hectares
mais permit de renforcer sa vocation touristique qui était ancienne
et avait reçu un premier coup de pouce après la deuxième
guerre mondiale avec l'ouverture de la route des crêtes (1945-1950).
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Cette
photo, bien que de mauvaise qualité, est intéressante
car elle montre le village depuis le château et dans l'état
où il était avant 1930. Le transformateur EDF n'est
pas encore construit, la route des crêtes n'est pas ouverte..
Ce
pont construit par les Romains reliait Aiguines et les Salles à
Moustiers Sainte Marie. Aujourd'hui sous les eaux du lac, le film
"Jeux interdits" avec Poujouli et Brigitte Fossey lui a donné
une certaine célébrité. Une des scènes
du film se déroule près du pont. De ce fait on trouve
assez facilement des vues du pont alors que celles de la vallée
avant le barrage sont très rares sauf les photos du village
des Salles avant son engloutissement sous les eaux.
Cette
photo montre la route Moustiers, les Salles Aiguines et le pont sur
le Verdon que j'ai mentionné ci-dessus.
On devine plus qu'on ne voit le Verdon, fatigué de sa chevauchéee
tumultueuse dans les gorges, après ses luttes victorieuses
contre la nature au Point sublime, dans le couloir Samson, à
la Baume aux pigeons, au Styx, à l'Imbut, il reprend des forces
en musardant dans la plaine avant de continuer sa course folle dans
les petites gorges vers Quinson.

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