Je
suis sûr que c'est en admirant les paysages depuis Aiguines que
Jean Giono a dit " la mise en scène a du coûter les yeux
de la tête."
Ici
la production et le metteur en scène ont sorti le grand jeu.
Tout
y est , les rochers grandioses formant des falaises vertigineuses et
colorées, les à-pic dont le pied se perd dans les frondaisons
des arbres et la pénombre des gorges, les horizons lointains
par dessus les champs de blé et de lavande du plateau de Valensole.
Pour les couleurs on a bien sur rassemblé tous les tons ; de
ceux traditionnels de la Provence jusqu'à ceux des Alpes. En
plus on a créé une couleur inexistante ailleurs : le vert
émeraude du Verdon. Les lumières ne sont pas en reste
et le bleu du ciel de Provence purifié par l'air des Alpes vient
le disputer au vert du lac.
Je
n'ai pas été le premier à aimer Aiguines, Marie
Wallet dans son livre site un touriste qui dès 1931 écrivait
:" du haut de la montagne de Margès, de quel côté
que le regard se porte, un immense horizon apparaît... Vers l'adrech
(sic) les pentes rapides et dénudées de Margès
dévalent vers la haute et désertique cuvette calcaire
du grand plan de Canjuers... A l'uba (sic), d'impressionnants à
pic dominent la magnifique forêt d'AIGUINES et l'étroit
plateau qui file vers le Petit Canjuers ; hêtres, tilleuls, érables,
chênes, buis, frênes, aulnes étendent au dessous
de nous un somptueux tapis de frondaisons délicatement nuancées
et auxquelles l'automne ajoute une splendeur nouvelle.
Le grand cañon du Verdon trace dans le paysage sa ligne sinueuse
entre la chaîne de Margès et celle des montagnes de la
Palud... C'est une étroite déchirure que l'on devine à
peine, fracture de trois ou quatre cent mètres de profondeur
( en réalité jusqu'à
700m) au fond de laquelle coule,
cascade et mugit la rivière torrentueuse et sauvage."